Le congrès du Globe et les débuts de la SFIO et de la CGT
L’unification a été imposée aux divers partis par la seconde Internationale, fondée en 1889 à Paris :“tous les militants et toutes les fractions ou organisations qui se réclament du socialisme ont le plus impérieux devoir de travailler de toutes leurs forces à la réalisation de l’unité socialiste sur la base des principes établis par les congrès internationaux dans l’intérêt du prolétariat International vis à vis de qui ils sont responsables des conséquences funestes de la continuation de leurs divisions”, (motion du Congrès d’Amsterdam, août 1904)
Quels sont les Partis qui fusionnent en 1905 ?
Le Parti socialiste Français qui regroupe lui même depuis 1901 :
a) Les “indépendants” (Jaurès) ;
b) Les broussistes (la Fédération des Travailleurs Sociaux, FTS) ou possibilistes : Ils sont antimarxistes, favorables à l’action sur le plan municipa1 et à l’arrivée au pouvoir par la voie légale ;
c) Les allemanistes : le Parti socialiste ouvrier révolutionnaire (PSOR) fondé en 1890 par Jean A11emane, un ouvrier typographe. Leurs idées : importance de la conquête du monde syndical, méfiance à l’égard des politiciens, pour la grève générale, antimilitaristes. Le bibliothécaire de l’Ecole Normale Supérieure Lucien Herr qui amènera Jaurès et Blum au socialisme est proche d’eux.
Aux élections de 1902, ils obtiennent 37 élus.
Le Parti socialiste de France, le PSDF qui regroupe lui même depuis 1901 :
a) Les partisans de Jules Guesde : le Parti ouvrier de France (POF) scission du congrès ouvrier de 1881. Leurs idées : diffusion du marxisme, organisation de la journée du 1er mai, un parti structuré, discipliné et centralisé sur le modèle de la social-démocratie allemande, Ils conquièrent dès 1892, Commentry, Montluçon, Narbonne et Roubaix (Ju1es Guesde est élu député de Roubaix en 1893), Les broussistes se sont séparés du POF en 1882. Le POF est un parti aux effectifs réduits, avec quelques assises dans les régions industrialisées et déchristianisées ;
b) Les partisans d’ Edouard Vaillant, les blanquistes : Leurs idées : patriotisme révolutionnaire, un mouvement plus qu’un parti, en contact avec les masses populaires, goût pour la démocratie directe, hostilité aux moeurs parlementaires. Ils renoncent progressivement à l’action strictement clandestine et transforment en 1898 le Comité Central Révolutionnaire en Parti Révolutionnaire Français (PRF).
Aux élections de 1902 le PSDF obtient 14 élus seulement.
Mais si on atteint l’unité socialiste, il n’y a pas d’unité ouvrière (parti et syndicat) en France :
Le développement séparé et antagoniste des partis ouvriers et du syndicalisme français est l’une des conséquences les plus graves de la longue impuissance du socialisme au début du siècle. Réagissant à la fois contre la désunion socialiste et les jeux parlementaires, les ouvriers aspirent à un syndica1isme “pur”. Le mouvement syndical se développe contre le guesdisme qui contrôle la fédération des syndicats mais à qui il est reproché de subordonner les intérêts de classe à ceux du Parti.
A partir de 1892, se développe la Fédération des Bourses du Travail (à la fois mutuelles, sociétés de résistance, de propagande, d’éducation ouvrière). Les Bourses du travail deviennent les bastions des partisans de l’indépendance syndicale. Développement de l’anarcho-syndicalisme, idéologie selon laquelle les syndicats sont les cellules de la société de l’avenir et la grève générale le moyen de la destruction du monde capitaliste. Les militants syndicaux s’éloignent du guesdisme (défaite des guesdistes au congrès de Nantes de la fédération nationale des syndicats en 1894) tandis que les anarchistes entrent en masse dans les syndicats à partir de 1893,à l’appel de certains groupes et journaux libertaires.
Naissance de la Confédération Générale du Travail en 1895 au Congrès de Limoges. Elle se développe à partir de 1902 par le groupement des Bourses du Travail et des grandes fédérations nationales des métiers.
En 1906, il y a 200 000 syndiqués et seulement 25 000 socialistes.
le 01/10/05
